Dolce Vita
ET SI L’ON POUVAIT AUSSI PRENDRE CETTE « DOLCE VITA » AU PIED DE LA LETTRE ?
Depuis quatre ans, la progression du Large Ensemble est remarquable. Celle de Louis Matute aussi. Chaque album est l’occasion pour le suisse d’élargir la focale et de donner du sens au son. « Dolce Vita » est une indignation poétique, sourde et un peu ironique. C’est le portrait d’un jeune homme conscient et en quête de racines, mal à l’aise avec l’état du monde d’aujourd’hui. C’est remonter à l’exil de son père chassé du Honduras par le régime (« Tegucigalpa 72 »), à la révolte des paysans colombiens en 1928 (« Santa Marta »), trouver des échos dans un livre d’Italo Calvino ou un tableau de Frida Kahlo (« Gringolandia »). C’est claquer la porte de chez soi pour se redécouvrir au Brésil, puis revenir se challenger avec son âme sœur d’écriture, l’excellente Gabi Hartmann (« Lencois de Chuva »). C’est laisser ouvertes les portes d’un jardin plus si secret.
En quittant ce disque, l’esprit vagabond voire totalement ailleurs, on n’aspire qu’à une chose : goûter encore à cette transe qui ne dit pas son nom, aux couleurs chaudes, à ces moments auxquels l’oreille et le cœur s’identifient. On en trouve tellement, de ces shots de beauté pure, de ces jaillissements plus ou moins intenses, qui nous font dire que Louis Matute est plus qu’un musicien : un auteur et un regard, soit la définition d’un vrai artiste. Une personnalité touchante et curieuse dont on reconnaît le style dès les premières mesures, « moderne » presque à son corps défendant. Mais pourquoi la musique de Louis Matute résonne-t-elle autant ? Peut-être parce qu’elle est étroitement liée à son histoire personnelle et celle de sa famille. « C’est une réelle thérapie. Plus j’apprends des choses sur le Honduras de mon père et mon grand-père, plus j’ai l’impression que cela fait briller ma musique différemment ».
Pour toutes ces raisons, l’avènement de Louis Matute et de son Large Ensemble est l’une des meilleures choses qui pouvait arriver au jazz européen : ouvrir les portes et les fenêtres, voyager, se raconter, voir dans l’humanité et la résilience un remède. En faire de la vraie bonne musique qui parle à l’intime et touche l’universel. Souvenez-vous : l’un des morceaux les plus poétiques du dernier album de Louis s’appelait « Vue Soleil ». Et si l’on pouvait aussi prendre cette « Dolce Vita » au pied de la lettre ?
$23,854,495.46
Dolce Vita—
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Description
ET SI L’ON POUVAIT AUSSI PRENDRE CETTE « DOLCE VITA » AU PIED DE LA LETTRE ?
Depuis quatre ans, la progression du Large Ensemble est remarquable. Celle de Louis Matute aussi. Chaque album est l’occasion pour le suisse d’élargir la focale et de donner du sens au son. « Dolce Vita » est une indignation poétique, sourde et un peu ironique. C’est le portrait d’un jeune homme conscient et en quête de racines, mal à l’aise avec l’état du monde d’aujourd’hui. C’est remonter à l’exil de son père chassé du Honduras par le régime (« Tegucigalpa 72 »), à la révolte des paysans colombiens en 1928 (« Santa Marta »), trouver des échos dans un livre d’Italo Calvino ou un tableau de Frida Kahlo (« Gringolandia »). C’est claquer la porte de chez soi pour se redécouvrir au Brésil, puis revenir se challenger avec son âme sœur d’écriture, l’excellente Gabi Hartmann (« Lencois de Chuva »). C’est laisser ouvertes les portes d’un jardin plus si secret.
En quittant ce disque, l’esprit vagabond voire totalement ailleurs, on n’aspire qu’à une chose : goûter encore à cette transe qui ne dit pas son nom, aux couleurs chaudes, à ces moments auxquels l’oreille et le cœur s’identifient. On en trouve tellement, de ces shots de beauté pure, de ces jaillissements plus ou moins intenses, qui nous font dire que Louis Matute est plus qu’un musicien : un auteur et un regard, soit la définition d’un vrai artiste. Une personnalité touchante et curieuse dont on reconnaît le style dès les premières mesures, « moderne » presque à son corps défendant. Mais pourquoi la musique de Louis Matute résonne-t-elle autant ? Peut-être parce qu’elle est étroitement liée à son histoire personnelle et celle de sa famille. « C’est une réelle thérapie. Plus j’apprends des choses sur le Honduras de mon père et mon grand-père, plus j’ai l’impression que cela fait briller ma musique différemment ».
Pour toutes ces raisons, l’avènement de Louis Matute et de son Large Ensemble est l’une des meilleures choses qui pouvait arriver au jazz européen : ouvrir les portes et les fenêtres, voyager, se raconter, voir dans l’humanité et la résilience un remède. En faire de la vraie bonne musique qui parle à l’intime et touche l’universel. Souvenez-vous : l’un des morceaux les plus poétiques du dernier album de Louis s’appelait « Vue Soleil ». Et si l’on pouvait aussi prendre cette « Dolce Vita » au pied de la lettre ?











